Mercredi 4 & jeudi 5 juillet
Grand Studio du Ballet National de Marseille 21:00
Parc Henri Fabre
Max Black
Heiner Goebbels avec André Wilms
Eraritjaritjakaa été un moment fort du Festival de Marseille en 2006. Après avoir
goûté à ce théâtre total qui adopte les allures de la conférence, de l’opéra, du
monologue, du concert et de la pièce multimédia, le Festival éprouvait le désir,
voire le besoin, de se mouvoir à nouveau dans l’univers d’Heiner Goebbels et
d’André Wilms. Max Blackest le deuxième volet de la trilogie se résolvant dans
Eraritjaritjaka. Il en a la force opaque et la jouissive complexité. C’est une oeuvre
singulière de laquelle s’élève une voix sépulcrale et des sons mystérieux qui
interrogent les secrets du monde, la puissance alchimique des sciences et de la
culture des hommes. André Wilms y incarne un philosophe pyromane cloîtré
dans son laboratoire, déjouant à coups de mathématiques et de littérature les
pièges qui nous cachent, rien de moins, la vérité universelle. Heiner Goebbels
est le “maître d’oeuvre” de cette machinerie en permanence déstabilisante. Il
assure musique, écriture et mise en scène pour créer, non un univers, mais
carrément un système sous le nom de code Max Black, du nom d’un scientifique
russe dont le travail est la matière du spectacle, au même titre que les écrits de
Paul Valéry, Ludwig Wittgenstein et Georg Christoph Lichtenberg. Sous le
regard de plasticien du metteur en scène, tout s’anime, acteur, paroles, objets,
sons, lumières et feux, dans une même orchestration visionnaire et intense.