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Festival de Marseille

Note d'intention - Le Grand Défilé

"Le Grand Défilé" est une exploration du regard porté sur le féminin, conçue comme un rituel de transformation et d’émancipation. À la croisée de la performance, de l’art plastique, du théâtre et de la mode, le projet interroge les injonctions qui façonnent les corps et l’apparence, tout en ouvrant un espace pour les déconstruire.

Le vêtement pour parler des femmes, c’est un prétexte. Le prétexte, c’est ce qui permet de faire quelque chose. Ici, interroger des jeunes femmes sur leur rapport au féminin en les confrontant à des figures archétypales qui structurent encore puissamment les imaginaires, de la vierge à la mariée, de la maman à la pute. Ce travail permet de recueillir des témoignages sur la manière dont la jeune génération compose avec le regard social et se situe face aux normes de genre. Le prétexte du vêtement, c’est parler chiffons pour aborder quelque chose de plus vaste.


Je ne me situe pas en surplomb de cette recherche. J’ai grandi dans un univers où le féminin était fortement codifié, où l’apparence relevait d’une discipline intériorisée. Aujourd’hui, je me revendique féministe et je travaille à mettre à distance ces normes, tout en continuant à afficher des signes marqués du féminin. Cette tension persistante entre savoir critique et pratiques incorporées constitue le point de départ du projet.


Pourquoi dans la majorité des cas, les femmes s’habillent avec des vêtements de femmes et les hommes avec des vêtements d’hommes alors qu’aucune loi ne nous y contraint en France ?

Comme l’explique la sociologue Coline Lett dans sa thèse "Le prétexte du vêtement. Sociologie du genre au prisme des pratiques vestimentaires", les pratiques vestimentaires sont parmi les dernières manifestations culturelles matérialisant le découpage culturel du genre tout en soulevant des contradictions profondes. Comme elle, je m’intéresse au vêtement à la fois dans sa faculté à fixer sur lui un certain nombre de normes et de valeurs perpétuant l’ordre social traditionnel, mais également en tant que possible vecteur de changement. Je me suis rendue compte que les discours sur l’habillement des femmes sont traversés soit par la question de leur aliénation, soit par celle de leur émancipation. Le vêtement opprime ou libère.


"Le Grand Défilé" est un spectacle déambulatoire et participatif, qui prend la forme d’un défilé de mode. Il investit des sites patrimoniaux et donne exclusivement la parole aux femmes, j’entends par femmes des personnes qui se reconnaissent dans le genre féminin. Le défilé s’affirme comme un dispositif critique qui engage le regard et place les corps au centre de leur propre énonciation.


Édith Amsellem