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Note d'auteur

Radouan Mriziga

 

« L’idée de temporalité dans l’histoire impériale prétend qu’il existe des unités de temps distinctes. Il y a le passé, qui est terminé, et il y a le présent et le futur. Alors comment pouvons-nous construire ensemble une histoire potentiellement non impériale? Comment pouvons-nous vivre le temps comme une unité unique et une continuité de la connaissance et du flux universel ?

 


Revisiter l’Histoire ne concerne pas seulement le passé, mais aussi les énormes possibilités du présent et de l’avenir. L’histoire écrite a exclu ce qui n’a pas été écrit, alors comment pouvons-nous partager la partie de nos souvenirs et de nos histoires collectives qui a été laissée de côté dans ce cadre historique académique ?

 


L’origine du nom «Libye» apparaît pour la première fois dans une inscription de Ramsès II.  «Libye» est à l’origine le nom de la seule tribu que les Égyptiens connaissaient. Le nom a par la suite désigné pour les Grecs et les Égyptiens la majeure partie de l’Afrique du Nord, l’ouest de l’Égypte, et tous les habitants Amazighs.

 


La plupart de ce qui a été écrit sur les Amazighs dans les livres d’histoire l’a été par des personnes extérieures à la culture, mais les Amazighs eux-mêmes ont écrit sur beaucoup d’autres choses que leur histoire. Même s’iels ont largement contribué à l’héritage méditerranéen par leurs arts, leur artisanat, leurs inventions, leur science, leur culture orale, leur philosophie, etc., iels ont été complètement exclu.e.s de cette histoire dite impériale et marginalisé.e.s dans la conception de l’avenir de cette région.

 


Mais malgré des milliers d’années d’invasions, de conquêtes et de colonisations, les Amazighs ont toujours transmis leur histoire et leur langue à travers les contes oraux, les poèmes, les récits, les chants, les danses et l’artisanat. Ils n’ont peut-être pas écrit leur histoire, mais ils l’ont parlée, ils l’ont chantée, ils l’ont dansée, ils l’ont dessinée et ils l’ont tissée. Alors, que pourrait être une proposition d’épistémologie amazighe, alors qu’aucun livre n’a été écrit par les Amazighs pour fixer leur canon historiographique ? Peut-être qu’une telle épistémologie ne peut être faite que de poèmes, de contes, de chorégraphies, de mouvements corporels, d’objets et de tapisseries.

 


Dans une culture nord-africaine précoloniale à prédominance orale, les interprètes publics jouaient un rôle essentiel en relayant l’information d’une ville à l’autre, en fournissant des commentaires sociaux, historiques et politiques, et en éduquant le public.

 


Pour cette création, je veux exercer d’autres récits en utilisant la complexité de la chorégraphie comme une possibilité d’engager et d’élaborer des mémoires et des épistémologies nuancées d’histoire partagée pour un futur inclusif. Tout cela à partir d’une perspective amazigh de traitement de la transmission de l’histoire par le corps, l’art, l’héritage oral et l’artisanat. »  

 


Radouan Mriziga

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