En jeans, t-shirts et casquettes vissées sur la tête, les danseur·ses empruntent aux ultras leur look, les écharpes siglées aux noms d’équipes du monde entier, les cris enthousiastes, dans un savant mélange chorégraphique et une scénographie évolutive. Le tout dans un embrasement collectif qui n’est pas sans rappeler les mouvements de foule et autres manifestations populaires. On chante à tue-tête, on hurle de joie ou de colère, on gesticule au moindre but marqué, on pleure la défaite de son camp face à l’adversaire, on implore la chance… bref, tout est prétexte à transformer la ferveur des tribunes en un langage physique codé, collectif et identitaire. Le sentiment d’exaltation atteint son paroxysme dans cette allégorie spectaculaire où s’entremêlent en continu des images vidéo électriques (extraits de matchs, de manifestations et de soulèvements tirés d’archives) sur un collage sonore composé d’hymnes sportifs, de sonorités orientales et de tubes pop. Issu du graffiti et du breakdance, Moritz Ostruschnjak surfe avec justesse sur un engouement planétaire – le foot – pour dénoncer « une société qui se soumet au pouvoir des images, [qui] rend hommage aux stars et aux populistes », à travers un maelström visuel, physique et sonore qui nous tient littéralement en haleine.
Les représentations à Marseille reçoivent le soutien du Goethe-Institut et du Fonds international pour la danse - Nationales Performance Netz financé par la Commission à la culture et aux médias de la République fédérale d'Allemagne.



