« De mes années d’école, je ne garde aucun savoir académique. Tout ce que j’ai étudié s’est effacé. Il n’en reste qu’une seule chose : le rêve. Un des moments de grâce était l’apprentissage des poèmes que je vivais comme une méditation, transformant les mots en images mentales. » Tout le travail de Nivine Kallas, dans SāHO, est le reflet de cette absence et de son état d’évasion mentale. Un état de liberté absolue évoqué sur scène par une simple petite chaise d’enfant posée sur un tapis blanc, des extraits de poèmes de l’écrivain libanais Mikhail Naimy, traduits à sa façon dans la langue des signes. Par son corps qui, à travers une gestuelle fragmentée et tendue entre effondrement et élévation, brise les codes et crée des frictions. À sa manière, intense, décalée, joueuse, elle réinvente les moments de récitation lorsqu’on lui reprochait de chanter et de danser en classe ! Cette représentation volontairement floue joue de la disparition et des silences, des contrastes d’ombre et de lumière sur la musique de Youssef Hobeich, qui mêle percussions orientales traditionnelles et influences contemporaines. Dans cette nouvelle performance, Nivine Kallas remonte le fil de sa mémoire et de son enfance.
Événement organisé dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026.
Les représentations à Marseille reçoivent le soutien de lʼInstitut français du Liban.

